La prise de décision, en entretien

Le cadre Cynefin : lire la situation avant de décider

Cynefin classe les situations selon le lien entre cause et effet : claires, compliquées, complexes ou chaotiques, avec la confusion au centre. Chacune appelle un geste différent, de l'application des bonnes pratiques à l'action immédiate en cas de crise. En entretien, nommer d'abord la situation montre que tu ne vas pas analyser un incendie ni improviser un processus connu.

Cynefin : comment ça fonctionne ?

  1. Clair : la cause et l'effet sont évidents. Percevoir, catégoriser, répondre : applique la bonne pratique connue.
  2. Compliqué : la cause et l'effet peuvent être trouvés par l'analyse ou l'expertise. Percevoir, analyser, répondre.
  3. Complexe : la cause et l'effet ne sont visibles qu'après coup. Sonder, percevoir, répondre : mène de petites expériences sans risque.
  4. Chaotique : aucun lien visible entre cause et effet. Agir, percevoir, répondre : stabilise d'abord, puis comprends ce qui s'est passé.
  5. Confusion : tu ne sais pas encore dans quel domaine tu te trouves. Découpe le problème en parties et place chacune d'elles.

Cynefin : quand l'utiliser en entretien ?

Utilise-le pour ouvrir toute question de mise en situation qui décrit une situation avant de demander ce que tu ferais : un lancement qui tourne mal, un conflit d'équipe, un marché qui bouge. Une phrase qui situe le problème (« c'est chaotique, donc j'agis d'abord ») change l'ordre de tout ce que tu dis ensuite.

Cynefin : à quoi ressemble une bonne réponse ?

Question : 48 heures avant un lancement majeur, un membre clé de l'équipe démissionne. Tu es déjà en retard.

« On est proche du chaos, donc le premier geste est de stabiliser, pas d'analyser. Aujourd'hui, je réduis le périmètre à l'indispensable, je réaffecte les gens dessus et j'annonce le nouveau périmètre aux parties prenantes avant l'échéance, pas le jour même. Une fois le lancement stabilisé, ça devient un problème compliqué : pourquoi nous avions un point de défaillance unique, et comment y remédier. »

Erreurs fréquentes

  • Analyser en pleine crise : dans une situation chaotique, un long diagnostic est en soi une décision de ne rien faire.
  • Traiter un problème complexe comme un problème compliqué, en attendant qu'un plan d'expert fonctionne.
  • Énumérer les cinq domaines sans situer le problème dans l'un d'eux.

Cynefin : d'où vient ce cadre ?

Dave Snowden a développé le cadre à partir de 1999, chez IBM, et l'a décrit avec Mary Boone dans l'article de la Harvard Business Review « A Leader's Framework for Decision Making » (2007). Cynefin est un mot gallois, généralement traduit par habitat ou lieu d'appartenance.

S'entraîner avec ce cadre

Ces problèmes du test d'entraînement GCA gratuit se résolvent le mieux avec ce cadre (Cynefin). Choisis le cadre qui convient à chacun, puis lis la réponse détaillée.

2 questions, une à la fois

Choisis un rythme. Le chrono s'arrête quand tu vérifies une réponse, et la méthode détaillée s'ouvre aussitôt. Rien n'est enregistré ni envoyé nulle part.

Rythme

Une question, deux réponses

Une réponse faible, pourquoi elle est mal notée, et la bonne. Moins d'une minute chacune.

Vidéo en anglais

  • Someone quits 48 hours before launch

Cynefin : FAQ

Quels sont les cinq domaines de Cynefin ?

Clair (auparavant appelé simple ou évident), compliqué, complexe, chaotique et confusion (auparavant désordre). Chacun a son propre schéma de décision, de percevoir-catégoriser-répondre dans une situation claire à agir-percevoir-répondre dans une situation chaotique.

Quelle est la différence entre compliqué et complexe ?

Dans une situation compliquée, la réponse peut être trouvée à l'avance avec assez d'analyse ou d'expertise, comme pour réparer un moteur. Dans une situation complexe, elle n'émerge qu'en agissant, comme pour changer la culture d'une équipe : on expérimente plutôt que de planifier.

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