La prise de décision, en entretien

Le pré-mortem : imaginer l'échec avant qu'il n'arrive

Un pré-mortem part du principe qu'un plan a déjà échoué, puis demande à chacun d'expliquer pourquoi. Raisonner à rebours depuis un échec fait apparaître des risques que l'optimisme masque. En entretien, c'est la meilleure façon de montrer que tu prévois les choses qui tournent mal, pas seulement celles qui se passent bien.

Pré-mortem : comment ça fonctionne ?

  1. Pars du principe que le projet ou l'accord a échoué, dans un an.
  2. Liste toutes les raisons pour lesquelles il aurait pu échouer. Demande à chaque personne d'écrire d'abord les siennes seule.
  3. Classe les raisons par probabilité et par impact.
  4. Intègre dès maintenant les parades dans le plan : des responsables, des signaux d'alerte précoces, une solution de repli.

Pré-mortem : quand l'utiliser en entretien ?

Utilise-le pour les questions sur la façon de faire tenir un plan, un lancement ou un partenariat : « comment t'assurerais-tu que ça réussisse ? », « qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? ». Il aide aussi face à un fournisseur ou un partenaire difficile : prépare dès maintenant le renouvellement où tu pourrais devoir partir.

Pré-mortem : à quoi ressemble une bonne réponse ?

Question : un partenaire externe sous contrat long fournit un travail de mauvaise qualité qui menace la production de ton équipe.

« Je ferais un pré-mortem rapide : nous sommes dans un an et ce partenariat a échoué. Pourquoi ? Le plus probable, c'est que la qualité a continué de baisser parce que rien n'était mesuré, et que nous n'avions aucune alternative au moment du renouvellement. Donc aujourd'hui, je fixe avec eux des indicateurs de qualité précis et un plan d'amélioration formel, j'ajoute notre propre relecture de leur travail et je commence à évaluer d'autres fournisseurs avant l'échéance du renouvellement. »

Erreurs fréquentes

  • En faire une liste de tous les risques possibles, sans classement ni action.
  • Le mener en groupe sans laisser les gens écrire seuls d'abord, si bien que la voix la plus forte impose la liste.
  • L'utiliser après la décision, comme un post-mortem, quand il ne change plus rien.

Pré-mortem : d'où vient ce cadre ?

Le psychologue Gary Klein a décrit la méthode dans l'article de la Harvard Business Review « Performing a Project Premortem » (2007). Elle s'appuie sur les recherches sur la rétrospection prospective : imaginer qu'un événement s'est déjà produit rend plus apte à en identifier les causes.

S'entraîner avec ce cadre

Ces problèmes du test d'entraînement GCA gratuit se résolvent le mieux avec ce cadre (Pré-mortem). Choisis le cadre qui convient à chacun, puis lis la réponse détaillée.

1 questions, une à la fois

Choisis un rythme. Le chrono s'arrête quand tu vérifies une réponse, et la méthode détaillée s'ouvre aussitôt. Rien n'est enregistré ni envoyé nulle part.

Rythme

Une question, deux réponses

Une réponse faible, pourquoi elle est mal notée, et la bonne. Moins d'une minute chacune.

Vidéo en anglais

  • The partner you can't fire

Pré-mortem : FAQ

Quelle est la différence entre un pré-mortem et un post-mortem ?

Un post-mortem revient sur un échec qui a eu lieu. Un pré-mortem imagine l'échec avant le début du projet, pour qu'on puisse encore en prévenir les causes.

Combien de temps dure un pré-mortem ?

La version de Klein prend moins d'une heure : quelques minutes d'écriture en silence, un tour où chacun partage une raison à la fois, puis une revue du plan. Dans une réponse d'entretien, il tient en trois phrases.

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