La prise de décision, en entretien

La valeur espérée : pondérer chaque issue par sa probabilité

La valeur espérée multiplie chaque issue possible par sa probabilité et additionne le tout : un petit gain probable et un gros gain improbable peuvent ainsi être comparés sur une même échelle. En entretien, c'est la façon la plus nette de répondre à une question de risque : mets des probabilités et des gains approximatifs sur chaque option, puis dis ce que les chiffres ne captent pas.

Valeur espérée : comment ça fonctionne ?

  1. Liste les options et, pour chacune, les issues qui comptent.
  2. Attribue une probabilité et une valeur approximatives à chaque issue. Précise que ce sont des estimations.
  3. Multiplie et additionne : valeur espérée = (probabilité de gain x gain) moins (probabilité de perte x perte).
  4. Corrige ce que la moyenne cache : une perte à laquelle tu ne survivrais pas, ou l'appétit pour le risque de l'entreprise.

Valeur espérée : quand l'utiliser en entretien ?

Elle convient à toute question qui te propose des options aux gains incertains : deux projets, un pari sur un nouveau marché, un investissement face à une économie de coûts. Les recruteurs s'intéressent moins au calcul qu'à ta façon de nommer les probabilités et l'hypothèse derrière chacune.

Valeur espérée : à quoi ressemble une bonne réponse ?

Question : le projet A a de fortes chances d'un succès modéré ; le projet B a peu de chances de transformer l'entreprise. Tu ne peux en financer qu'un.

« En ordre de grandeur : A, c'est 80 % de chances d'ajouter 10 millions, soit environ 8 millions espérés. B, c'est 10 % de chances de 200 millions, soit environ 20 millions espérés. B l'emporte en valeur espérée, mais la moyenne cache les 90 % de cas où l'on n'obtient rien. Si l'entreprise peut y survivre, je finance B par étapes avec des points d'arrêt. Sinon, A. »

Erreurs fréquentes

  • Présenter des probabilités inventées comme des faits au lieu d'estimations annoncées comme telles.
  • S'arrêter à la moyenne et ignorer un risque auquel l'entreprise ne survivrait pas.
  • Dérouler de longs calculs à voix haute au lieu de chiffres ronds et d'une conclusion.

Valeur espérée : d'où vient ce cadre ?

L'idée remonte aux lettres échangées en 1654 entre Blaise Pascal et Pierre de Fermat sur la façon de partager les mises d'un jeu de hasard interrompu. Christiaan Huygens l'a publiée en 1657. Elle est aujourd'hui à la base de l'analyse de la décision, de la finance et de l'assurance.

S'entraîner avec ce cadre

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5 questions, une à la fois

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Rythme

Une question, deux réponses

Une réponse faible, pourquoi elle est mal notée, et la bonne. Moins d'une minute chacune.

Vidéo en anglais

  • Acquisition or retention?

  • The safe bet or the moonshot

Valeur espérée : FAQ

Comment calcule-t-on la valeur espérée ?

On multiplie chaque issue par sa probabilité et on additionne les résultats. Pour un pari simple : (probabilité de gain x montant du gain) moins (probabilité de perte x montant de la perte). Un résultat positif signifie que le pari est gagnant en moyenne.

Pourquoi la valeur espérée ne suffit-elle pas à elle seule ?

Parce que c'est une moyenne. Un choix à forte valeur espérée peut quand même comporter une petite probabilité de perte dont on ne se relève pas : les bonnes réponses l'associent donc à une vérification du pire scénario et de l'appétit pour le risque de l'entreprise.

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